Il y a des annonces qui changent discrètement le quotidien d’une ville, et celle-ci en fait clairement partie. Le 1er juillet dernier, la plateforme américaine de VTC Uber a annoncé le lancement de ses services à Agadir et à Tanger, tout en renforçant simultanément ses opérations à Casablanca et Rabat. Cette expansion intervient après le retour d’Uber au Maroc en novembre 2025, et fait suite à ses implantations à Casablanca, Marrakech et Rabat. Une nouvelle qui ne relève pas d’un simple ajustement commercial : elle s’inscrit dans une dynamique bien plus large, celle d’une ville qui prépare son avenir touristique et sportif à grande vitesse. Décryptage complet, suivez Le Guide !
Comment fonctionne l’application Uber ?

Pour celles et ceux qui découvrent le service, un petit rappel s’impose. Uber est une application mobile de VTC (véhicule de transport avec chauffeur) qui met en relation, en quelques clics, un passager et un chauffeur partenaire disponible à proximité. Le principe est simple : on ouvre l’application, on indique son point de départ et sa destination, et l’algorithme propose immédiatement une estimation du prix ainsi qu’un temps d’attente avant l’arrivée du véhicule.
À Agadir, les utilisateurs peuvent désormais commander une course en toute simplicité via l’application Uber et choisir entre deux formules : UberX et UberXL, selon leurs besoins de mobilité, la seconde étant pensée pour les groupes ou les familles ayant besoin d’un véhicule plus spacieux. Au-delà de la simple réservation, l’application propose un ensemble de fonctionnalités pensées pour fluidifier chaque déplacement : le partage du trajet en temps réel avec un proche, la possibilité de renseigner des destinations multiples, la programmation de courses à l’avance, ainsi que des paiements numériques sans espèces.
La sécurité occupe une place centrale dans le dispositif. Une assistance mondiale dédiée à la gestion des incidents est disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Les utilisateurs peuvent consulter à tout moment les détails de leur course directement depuis l’application, ce qui rend l’expérience plus transparente et plus prévisible. Un fonctionnement déjà bien rodé dans les autres grandes villes du Royaume, et qui débarque donc désormais à Agadir avec toute cette expérience accumulée.
Uber Agadir : un atout concret pour le tourisme de la région Souss
Quiconque a déjà voyagé sait à quel point la question du transport peut faire ou défaire une expérience de voyage. Pour un visiteur qui découvre Agadir, l’arrivée d’Uber change véritablement la donne : plus besoin de négocier un tarif avant de monter dans un véhicule, plus d’incertitude sur l’itinéraire ou le prix final. Tout est affiché à l’avance, dans une langue et une interface que le voyageur maîtrise déjà, où qu’il vienne dans le monde.
L’arrivée d’Uber ne relève d’ailleurs pas seulement d’une extension commerciale : elle intervient dans des villes où la mobilité reste un sujet quotidien, qu’il s’agisse de la qualité du service, de la disponibilité des véhicules, de la transparence des tarifs ou de la sécurité des passagers. À Agadir comme à Tanger, la montée du tourisme accélère justement la pression sur les transports urbains, en particulier lors des pics saisonniers. C’est précisément dans ces moments de forte affluence , notamment en été ou pendants de grands événements, tel que la CAN 2025, que la capacité à commander un véhicule fiable à Agadir en quelques secondes fait toute la différence pour un touriste.
Pour les visiteurs internationaux, la présence d’Uber constitue aussi un signal rassurant : celui d’une destination qui se dote des mêmes standards de mobilité que les grandes capitales touristiques mondiales. Se rendre de l’aéroport Agadir-Al Massira à son hôtel, enchaîner une excursion vers Paradise Valley, visiter le crocoparc ou simplement rentrer tard le soir après un dîner en centre-ville devient une formalité, sans barrière de langue ni négociation.
Accompagner la croissance de la demande en mobilité dans la région Souss-Massa

Cette arrivée ne doit rien au hasard : elle répond à une dynamique de fond bien identifiée par Uber elle-même. Après Casablanca, Marrakech et Rabat, Uber poursuit son expansion au Maroc en lançant son activité à Agadir et Tanger, deux villes où le groupe entend accompagner l’essor du tourisme et la croissance de la demande en mobilité. Une stratégie confirmée directement par la direction de l’entreprise. Fayçal Ihrai, General Manager Maroc d’Uber, présente ce double mouvement sur Agadir, Tanger, Casablanca et Rabat comme une étape marquante dans l’engagement durable du groupe envers le Maroc. Il ajoute que la priorité de l’entreprise est de poursuivre sa croissance de manière responsable et de contribuer à rendre chaque trajet aussi efficace, abordable et simple que possible pour les Marocains comme pour les visiteurs, tout en renforçant les opportunités de revenus pour les chauffeurs.
Uber confirme d’ailleurs constater une demande forte pour une mobilité fiable, fluide et simple à utiliser, aussi bien chez les résidents que chez les visiteurs. La plateforme précise vouloir avancer ville par ville, en s’appuyant sur des partenaires de transport agréés, en complément de l’offre existante plutôt qu’en substitution aux acteurs traditionnels comme les taxis. Une approche qui se veut donc collaborative plutôt que disruptive, dans une région Souss-Massa où le parc de transports en commun compte déjà un grand nombre de véhicules, avec 1 881 taxis de première catégorie, 1 522 véhicules de deuxième catégorie et 988 véhicules de transport touristique.
Un appui pour l’économie touristique d’Agadir, déjà sur une belle dynamique
Le timing de ce lancement colle parfaitement à la trajectoire actuelle du tourisme marocain. Le Maroc a enregistré un record de 19,8 millions de touristes en 2025, en hausse de 14 % sur un an, pour des recettes touristiques atteignant 124 milliards de dirhams entre janvier et novembre. Au premier trimestre 2026, le pays a accueilli 4,3 millions de visiteurs, soit une progression de 7 % par rapport à la même période de l’année précédente.Le Royaume vise désormais 26 millions de visiteurs à l’horizon 2030.
Dans ce contexte de croissance soutenue, une mobilité urbaine fluide devient un maillon stratégique de toute la chaîne de valeur touristique. Uber met en avant les opportunités économiques générées par cette expansion, à travers la création de nouvelles sources de revenus pour les chauffeurs partenaires et le renforcement de l’écosystème local de la mobilité. Pour Agadir, ville déjà engagée dans un vaste programme de développement urbain qui a multiplié parcs, promenades et infrastructures ces dernières années, l’arrivée d’Uber vient compléter cette montée en gamme globale de l’expérience visiteur, du jardin public jusqu’au trajet en voiture.
Fayçal Ihrai résume l’enjeu ainsi : dans un Maroc dont la dynamique touristique et économique se poursuit, une mobilité sûre, accessible et prévisible peut selon lui contribuer concrètement à rapprocher les habitants des opportunités disponibles à travers le pays. Une idée qui résume bien l’enjeu : Uber ne se contente pas de transporter des touristes, l’entreprise espère aussi contribuer à irriguer économiquement tout le territoire du Souss-Massa, des hôtels aux restaurants en passant par les prestataires d’excursions.
Cap sur la Coupe du monde 2030, un rôle stratégique à jouer pour Uber à Agadir

Cette annonce coïncide avec l’essor touristique du Royaume, à quatre ans de la Coupe du Monde 2030, et ce n’est pas un détail anodin. Agadir n’est pas une simple spectatrice de cet événement planétaire : elle fait partie des villes candidates pour accueillir des rencontres, avec des arguments de poids. La ville accueillera les spectateurs dans son Stade Adrar, dont la capacité passera de 45 000 à 55 000 places après rénovation. Un investissement de près de 2 milliards de dirhams a par ailleurs été consenti dans les infrastructures de transport de la ville, avec notamment le boulevard Mohammed V, une voie express, la voie de contournement d’Agadir et le futur boulevard Mohammed VI. L’aéroport Agadir-Al Massira, principale porte d’entrée de la destination pour les visiteurs du Mondial, est lui aussi en cours d’extension pour un coût global de près d’un milliard de dirhams.
C’est précisément dans ce contexte que le rôle d’Uber prend tout son sens stratégique. L’excellence d’un tournoi mondial ne se juge pas uniquement à la beauté de ses stades : elle dépend fondamentalement de la fluidité de la logistique et de la mobilité, avec la capacité à déplacer des millions de fans, des milliers de journalistes et les délégations sportives de manière sécurisée, rapide et efficace. Face à cet afflux massif de visiteurs internationaux peu familiers des codes locaux, une application de VTC internationale, déjà connue et maîtrisée par des millions de voyageurs à travers le monde, représente un atout logistique évident : elle offre un moyen de transport facile d’utilisation, prévisible dans son tarif et disponible à toute heure, en complément des taxis, des bus à haut niveau de service et des grandes infrastructures routières en cours de finalisation.
En s’implantant dès maintenant à Agadir, près de quatre ans avant le coup d’envoi du Mondial, Uber prend une longueur d’avance : le temps de mailler la ville, de fidéliser des chauffeurs partenaires et de roder son service avant la déferlante attendue. Une stratégie qui, si elle tient ses promesses, pourrait faire d’Uber l’un des petits rouages discrets mais essentiels de la réussite logistique d’Agadir pour la Coupe du monde 2030 — et, plus largement, l’un des symboles de la modernisation accélérée que vit actuellement la capitale du Souss.